Le Viêtnam à l’heure russe : Mui Né et Nha Trang

Après plus d’un mois de voyage au Viêtnam, on croyait avoir respiré le cœur du pays, compris ses codes s et …..boom! On est désarçonnés! On arrive dans une région avec des Russes partout. L’écriture cyrillique et partout, on nous interpelle en russe! On est tantôt au milieu du désert, tantôt sur la Croisette! Que se passe- t’il??

Pris dans les filets du Viêtnam

Si vous suivez notre périple, vous savez qu’on a déjà exploré le Nord du pays en juin dernier ( Hanoi, baie d’Along, Tam Coc, Hué et Hoi An). Ce premier voyage nous a tellement plus qu’on a voulu découvrir la moitié Sud du pays. Ce deuxième voyage nous a confirmé notre amour pour ce pays : la gentillesse de ses habitants, les paysages naturels sublimes, la cuisine raffinée et tout un tas de petits détails qui nous charment. Avec nos quelques jours à la découverte du Delta du Mékong, on s’est retrouvés au coeur du Vietnam traditionnel et marchand, avec ses marchés flottants.

Personnellement, j’ai l’impression d’être bercée par une certaine langueur. Sachant que nous allons bientôt clôturer ce tour du monde, nous sommes pris depuis notre arrivée au Vietnam d’une envie de savourer lentement, comme on le ferait pour un bon plat que l’on veut garder en bouche.

Remontée en bus vers Mui Né

Après quelques jours dans la ville de Cân Tho au centre du delta du Mékong, notre halte suivante est Mui Né, une ville à 200 kms au nord de Saigon sur la côte. Pour la rejoindre, nous prenons un premier bus pour Saigon ( environ 2h30) puis nous attendons longtemps dans une salle bondée de la gare routière.

Pour la petite anecdote, on a bien failli rater le bus suivant par manque d’information. On nous a dit : départ 13h ( on est arrivés à 10h30 et le temps était long). À midi, Benoit est parti chercher quelque chose de comestible à nous mettre sous la dent ( l’offre n’était vraiment pas alléchante et je crois bien que j’ai mangé un truc avec du rat!). Un type arrive alors vers moi, me demande ma destination et me dit sur un ton autoritaire de le suivre. Son uniforme n’étant pas clair ( sécurité?, police?, chauffeur?), je commence par lui dire non et lui demander pourquoi je dois le suivre. Il ne parle quasiment pas anglais et fait mine de prendre nos bagages. Je proteste en mimant que je pars à 13h et que je ne bouge pas sans son mari! Il veut voir mes billets. C’est Benoit qui les a! Il sort quand même mes valises, je m’oppose, il insiste, je parle fort. Je cherche du regard si je vois Benoit dans la foule ( des dizaines de bus, des gens partout, des vendeurs ambulants, des paquets et valises partout…). Je fais un blocus au milieu, en tenant les valises! Benoit arrive enfin. Le type demande les tickets et on voit qu’il est écrit 12h, alors que plusieurs personnes nous ont dit 13h! On comprendra ensuite que 13h était l’heure de départ dans une autre partie de la ville et que le monsieur excité était juste en train de nous chercher pour ne pas qu’on rate le départ!!! Tout le monde nous attendait déjà dans le bus. On est alors montés en se dépêchant. Profil bas! Dans la précipitation, je n’ai même pas pu m’excuser et remercier celui qui était venu nous chercher! Il n’est pas monté dans le bus! Bien soulagés d’être à bord ( il n’y avait pas d’autre départ), on a dû patienter environ 6h de plus pour rejoindre Mui Né. Au total, ce sera un voyage de 12h. Au fait, je ne vous ai pas encore montré les bus vietnamiens.

Ils ont deux étages, 3 rangées et des sièges entièrement inclinables. Franchement, c’est confortable si on a un petit gabarit! Épaules larges et longues jambes ont tendance à déborder mais franchement la clientèle vietnamienne est tout à fait à l’aise, et moi aussi!!! On nous fournit même une couverture et une bouteille d’eau. Je me croyais presque en première classe chez Air France!! Quand l’assistant du chauffeur est venu voir chaque passager avec une feuille et un stylo, j’ai cru un instant que c’était pour choisir le menu!!!! « Poisson pour moi, merci! » Non, en fait, c’était pour vérifier la destination finale! En tout cas, c’est beaucoup moins cher que chez nos amis d’Air France : notre long trajet a coûté 240 000 dongs/ par personne, soit moins de 10 euros! Qui dit mieux?

Quand on est arrivés finalement à Mui Né, on était bien heureux de sortir nos fesses du sarcophage. Comme il faisait déjà nuit, on n’a rien vu de notre environnement. On a quand même pu constater que nous allions loger dans un super joli hôtel avec une végétation luxuriante. On avait réservé une chambre dans une villa et on s’est retrouvés avec la villa entière! Encore une bonne surprise! Super luxe pour un prix dérisoire! Allez, on vous montre!

 

Mui Né et ses incroyables dunes de sable

Au réveil, on a pu constater qu’on était à nouveau au bord de la mer. Une mer assez agitée. Une plage à perte de vue, à quelques kms au Nord du village.

Cette immense plage nous a donné envie de marcher mais on a dû constater qu’il y avait beaucoup de déchets plastiques dès qu’on s’éloignait de notre hôtel! Bien dommage!

Tout près se trouvent des paysages de dunes exceptionnels. On a pris une jeep pour voir l’essentiel en une journée.  L’engin n’était pas de la première jeunesse et notre chauffeur franchement antipathique. Le premier de notre séjour! Il faut savoir qu’au Vietnam, on ne peut pas conduire nous-mêmes une voiture de location.

embarquement dans notre jeep

embarquement dans notre jeep!

On s’est rendus sur les dunes de sable orange  (red sand dunes). Oui, je traduis par « orange » car « rouge », c’est un peu exagéré!

On est dans un paysage de dunes, avec d’un côté de la végétation et de l’autre la mer! Et on se trouve au bord de la route que nous avons empruntée de nuit. On ne soupçonnait pas du tout ce type de panorama. Benoit a joué au photographe avec une vieille dame russe qui avait des prétentions de top model! Il ne fallait pas que les dunes éclipsent son sourire Colgate! Très drôle! Premier contact avec une citoyenne russe, mais pas le dernier!

À Mui né, on peut aussi se balader pieds nus sur le  » fairy stream » ( la rivière féerique!). C’est un petit cours d’eau au fond sableux qui serpente aux pieds de collines aux couleurs vives.

Les formations rocheuses ressemblent à de grandes orgues.

C’était joli mais on était un peu à la queue leu leu sur ce ruisseau…

On a terminé l’excursion avec les dunes de sable blanc. C’est un domaine plus vaste que les autres dunes, à une vingtaine de kms de Mui Né. white sand dunes Mui Né

On a loué un quad pour pouvoir circuler plus facilement. Alors que notre jeep aurait pu être utile, elle est restée au parking! Notre quad ne semblait pas apprécier notre poids, il patinait, s’enfonçait… J’étais hyper mal installée et j’avais peur sur cet engin qui ne semblait pas en très bon état. J’ai préféré descendre. Benoit a ensuite tenté de dompter le truc dans une descente. Les freins ne répondaient pas, il a dû sauter : une cascade à la James Bond parfaitement exécutée!

IMG_4829

Juste après la cascade!

Moi, je regardais dépitée tous ces quads puissants qui grimpaient sur les dunes… On n’a pas tiré le bon numéro, cette fois! On ne peut pas toujours avoir de la chance! Sur le site se trouve un lac. Quand on a voulu nous approcher, on a été « jetés » par une équipe de tournage qui ne voulaient pas de nous dans le champ! On se demande bien pourquoi!

La plage de Mui Né

À l’origine, Mui Né est un village de pêcheurs. Il y a d’ailleurs toujours de nombreuses embarcations de pêche dans la baie.bateaux de pêche baie de Mui Né

Un peu plus loin, l’immense plage est bordée de nombreux grands hôtels. plage de Mui Né

La clientèle russe est très majoritaire comme en témoignent tous les affichages en russe. Parfois, il n’y a même pas de traduction en vietnamien ou en anglais! Là, on pensait avec la croix que c’était une pharmacie! Eh bien, non! Ils vendent des produits non-identifiés!

affiches en russe

La plage très venteuse est le domaine des kite-surfeurs! Ils sont très nombreux et on s’est demandés comment ils arrivaient à ne pas se percuter avec un vent aussi fort. Un kite-surfeur s’est littéralement envolé sur plus de 20 m!

Au milieu de ces amateurs de sports nautiques, les locaux pêchent des coquillages, vendent des fruits ou des cerfs-volants.

Sur la plage, la cohabitation des deux nationalités est assez frappante : d’un côté les Russes, grands et gros qui arrivent tout blanc dans leur maillots de bain et virent au rouge dès le premier jour. De l’autre, les vietnamiens, tout fluets, toujours couverts de la tête aux pieds et qui ne sont pas là pour s’amuser mais pour travailler.

Mui Né est une destination intéressante grâce à ses dunes. En ce qui concerne la mer, on peut regretter qu’elle soit assez agitée et ne se prête pas beaucoup à la nage. C’est une station balnéaire qui n’est pas exactement ce qu’on apprécie. Les hôtels sont souvent trop grands et ne reprennent pas de tout l’architecture du Viêtnam. Notre hôtel correspondait plus à ce qu’on recherchait : un lieu dans la nature, loin de la foule.

Nha Trang, la station balnéaire chérie des Russes

Depuis Mui Né nous voilà à nouveau dans un bus pendant 5h pour rejoindre Nha Trang qui se situe encore un peu plus au Nord, sur la côte. Prononcez « Nia Tchang » sinon on ne vous comprend pas! Notre bus est complet, avec une clim faiblarde ce qui rend le trajet un peu long. Quand on arrive, il fait déjà nuit et la ville est super animée : des néons de partout, des piétons qui inondent les rues, des véhicules dans tous les sens, de grands hôtels internationaux et uniquement des Russes! Le ton est donné : on est dans LA station balnéaire chérie des Russes et tout ce petit monde est là pour faire la fête. Mui Né n’était que la petite soeur!

Pendant notre séjour, on n’aura pas été de grands fêtards mais il suffit de se balader à la nuit tombée pour se rendre compte que les bars, restos et salons de massage sont là pour satisfaire la clientèle. On nous parle en russe, à tout bout de champ! De jeunes Russes distribuent les flyers, on nous interpelle devant les boutiques, etc…

La Croisette 

Notre intérêt s’est plus porté vers le bord de mer. Nha Trang a une immense plage de sable et tout le bord de mer est très bien aménagé : un parc et une promenade vraiment très agréables.

Une partie nommée « Central Park » (!) est aménagée avec des restaurants, des piscines, des emplacements VIP. Je vous épargne les clichés de nos amis russes bien en chair avec leurs verres à la main…

Ce qui est chouette, c’est que la plage est suffisamment grande pour poser sa serviette dans un coin tranquille sans débourser un centime. Le seul souci est que la mer est agitée et qu’il faut se battre avec les vagues énormes pour entrer dans l’eau. On n’a pas abusé de la plage à Nha Trang car on a eu des jours très couverts et même pluvieux. On a joué avec les éclaircies pour pouvoir se balader.

L’avenue du bord de mer est vraiment sympa grâce à ses arbres sur des kilomètres. Le matin et en fin de journée, les Vietnamiens viennent faire du sport. En revanche, ils ne viennent pas du tout sur la plage pendant la journée! Les seuls  présents la journée sur la plage sont les vendeurs de crustacés ( une spécialité), de lunettes ou les masseuses!

Une particularité étonnante est que les arbres sont très taillés, avec des formes de plus ou moins bon goût. Le chef jardinier doit aimer la géométrie! La nature est bien domestiquée!

Sur cette avenue, il y a pas mal de grands hôtels à l’architecture sans intérêt mais quelques bâtiments se distinguent. Le bâtiment rose bien kitsch en forme de « suppositoire-lotus » est vide et on se demande bien qui a eu l’idée de le poser là!

Sur la « Croisette », on oublie vraiment qu’on est au Vietnam. Il faut s’éloigner un peu pour se retrouver à nouveau dans la joyeuse animation des rues, avec leurs trottoirs qui font office de restaurants, de parkings à deux roues, de salon etc…

Culture, vous avez dit culture?

La ville n’a pas vraiment de bâtiments marquants qui justifient une visite. Nha Trang n’est pas un lieu qui se prête aux visites culturelles. Une de ses fiertés est le plus grand téléphérique maritime du monde qui relie Nha Trang à l’île de Hon Tre ( 3300 mètres de câbles). Les télécabines passent à 70 mètres au dessus de l’eau. On a voulu prendre ce téléphérique pour admirer le panorama et découvrir la petite île mais la mauvaise surprise, c’est que l’île est privatisée et transformée en un centre d’attractions.  On ne peut prendre le téléphérique que si on paie pour une journée sur l’île à un prix indécent pour le Vietnam! C’est la compagnie Vinepearl qui a encore sévi. Ce sont les mêmes qui construisaient déjà un truc immense sur l’île de Phu Quoc! Beurk Beurk!

Un lieu intéressant que l’on découvert a été les temples Cham de Po Nagar. Ce sanctuaire a été bâti entre le VII° et le XII° siècle pour honorer la déesse Po Nagar, née des nuages du ciel et de l’écume de la mer qui est nommée aussi  » la déesse du pays ». Il ne reste que 4 temples des 7 ou 8 présents à l’origine. sanctuaire Cham Po Nagar

Les nuages étaient en train se lever et la forte luminosité rendait la prise de photo difficile. Les clichés ne sont pas à la hauteur de la beauté du lieu.

Les temples sont bien conservés et tout le site est agrémenté d’arbres, petits ou grands. Certains sont visiblement très anciens.

Juste quelques visiteurs étaient présents et le lieu était très calme. Les temples sont situés en hauteur au bord de la rivière, ce qui donne un joli point de vue.

Après cette visite zen, nous sommes partis à la découverte du promontoire Hon Chong. Ce sont des rochers qui portent la légende d’un géant amoureux d’une sirène. Il aurait laissé une empreinte de pied gigantesque à l’extrême pointe du promontoire. Selon notre guide, il s’agit d’un lieu qui offre surtout un beau panorama sur la mer turquoise. À mesure de notre marche vers ce lieu, le ciel se couvrait et quand nous sommes arrivés, les premières gouttes tombaient. On a eu un voile blanc en guise de panorama! Et une mer plus jaune-marron que turquoise!promontoire Hon Chong à Nha Trang

Mais nous ne sommes pas venus pour rien car en voulant nous abriter dans un bâtiment en bois, nous avons été invités à assister à un petit concert de musique traditionnelle. promontoire Hon Chong à Nha Trang

Trois musiciennes ont utilisé tour à tour plusieurs instruments que nous n’avions jamais vus. Le résultat était très harmonieux!

J’ai, en particulier, été bluffée quand une musicienne a produit de la musique avec des mouvements de ses mains devant un grand xylophone. Tous les mouvements étaient très gracieux! Un joli moment où on s’est retrouvés au Viêtnam! Le père de la nation, Ho Chi Minh trônait au milieu de la pièce!

Après ces quelques jours entre Mui Né et Nha Trang, on reprend la route plus au Nord, par le train cette fois, en direction de Quy Nhon. Nos deux dernières semaines au Viêtnam!

À bientôt!

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15 réflexions sur “Le Viêtnam à l’heure russe : Mui Né et Nha Trang

  1. Très intéressant comme billet. Je ne connaissais pas ce visage du Vietnam. Les paysages sont magnifiques… Et que dire des bus? La classe! 🙂

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  2. Merci pour ces commentaires détaillées. Je compte retourner au Vietnam pour faire le nord et terminer sur cette île proche du Cambodge. J’en ai appris grâce à vous. Je tiendrai compte de vos conseils. Merci et bon vent.

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