Istanbul au fil du Bosphore

Découvrir le quartier de Sultanahmet est l’incontournable pour tout nouveau arrivant à Istanbul mais se limiter à ce quartier serait dommage car la ville regorge de trésors architecturaux et de points de vue époustouflants. Pour bien saisir la particularité géographique de la ville entre deux continents, rien de mieux qu’une croisière sur le Bosphore!

Une ville traversée par les fleuves

sur le Bosphore

sur le Bosphore

Comme je le disais dans le billet précédent, la ville est composée de trois parties séparées par les eaux. Le Bosphore sépare la rive asiatique de la rive européenne qui est elle-même coupée en deux par la Corne d’Or: d’un côté le quartier historique et de l’autre la ville moderne.Carte Istanbul Bosphore Corne Or

Quand on se déplace dans la ville les premiers jours et que l’on observe l’horizon, on se sent parfois perdu. D’autant plus qu’on peut facilement passer d’une rive à l’autre, en bus, en tram, en vapur ( navette maritime). À  force de traverser d’un côté, traverser de l’autre, on est bien désorienté! Enfin…. surtout si, comme moi, vous n’avez pas reçu à la naissance l’option « sens de l’orientation »! J’ai passé les premiers jours à me demander en permanence: « c’est la rive asiatique là? »  » C’est la ville moderne de l’autre côté? » Ce qui m’a beaucoup aidée à me repérer a été d’avoir des points de vue en hauteur et aussi de faire la croisière sur le Bosphore. L’avantage des deux est de vraiment pouvoir admirer cette ville hors du commun.

Si j’avais un conseil à donner ce serait de remonter le Bosphore le premier ou deuxième jour pour prendre la mesure de la ville, mieux comprendre sa topographie.

La croisière sur le Bosphore

Il existe toutes sortes de formules pour remonter le Bosphore. Des bateaux avec dîner et/ou spectacle qui vont jusqu’à la mer noire, d’autres qui ne font que le trajet…. Sans vraiment nous renseigner, sur une impulsion, nous avons pris un bateau tout simple qui propose 2 heures sans commentaires. Juste la remontée jusqu’au deuxième pont, à mi-chemin vers la mer noire et retour. Prix tout doux  pour un moment inoubliable!

Nous voilà installés sur le pont, seuls occidentaux au milieu de familles du Moyen-Orient, avec en fond sonore un rock turque. Nous ne savons pas trop à qui nous attendre!  Un attrape-touristes?

Istanbul a assuré le spectacle! Pas besoin de rajouter de fioritures! Nous avons été vraiment éblouis par les rives du Bosphore. Je suis restée fascinée devant le panorama sans voir le temps passer et Benoit a photographié sans s’arrêter…

Difficile de mettre des mots sur nos émotions. Ce fût une succession de panoramas magiques dès les premiers instants.

Nos photos débutent par la rive européenne :

Le contraste entre l’ancien et le moderne… Là, une mosquée devant un immense centre commercial avec sa verticalité arrogante!

Le Palais Dolmabahce Sarayi qui a été la résidence des derniers sultans et du père de la Turquie Moderne : Kemal dit Atatürk. Le Palais est aujourd’hui un musée:

Les palais se succèdent, certains ont été convertis en hôtels, d’autres en établissements d’éducation supérieure.

On approche du premier pont. Une petite mosquée est vraiment charmante.

Chacun de notre côté, on a flashé sur cet endroit. La petite mosquée au bord de l’eau et les ruelles aux alentours. On a noté dans un coin de nos têtes qu’on devait aller voir de plus près la mosquée de Ortaköy.

Les villas sont luxueuses, les bateaux aussi:

Des maisons traditionnelles en bois nous ont beaucoup plu. Ce sont les Yeli, d’anciennes résidences d’hiver des sultans qui sont aujourd’hui protégées au titre du patrimoine et qui appartiennent souvent à la bourgeoisie d’Istanbul.

Croisière Bosphore maison Yeli

La balade continue et nous arrivons bientôt à la forteresse Rumeli du XV° siècle qui avait un rôle important de contrôle de la navigation sur le Bosphore.

On a atteint le deuxième pont. Nous faisons demi-tour.

L’autre rive, la rive asiatique est tout aussi remarquable. Encore des palaces… Des collines très vertes…

On repasse sous le premier pont…

On arrive au niveau de la Tour Maiden, petit îlot où on retournera. Puis les immeubles modernes de plus en plus présents.

On se redirige vers le port avec un point de vue sublime sur le quartier historique dont je vous parlais dans le billet précédent. On est au niveau du fameux pont Galata et de la Tour du même nom où nous irons aussi les jours suivants.

Notre petite croisière nous a enchantés. On a mieux compris la ville et il parait évident qu’il serait dommage de se limiter au quartier historique. Nos envies d’explorations étaient relancées!

Commençons par la rive européenne et sa partie moderne :

Le petit port de Ortaköy

Nous décidons d’aller voir de plus près la mosquée de Ortaköy qui avait attiré notre attention depuis le bateau. Pour nous y rendre, nous faisons face à l’organisation obscure des bus: pas de plans sur les arrêts, des bus qui arrivent dans tous les sens avec des noms sur le pare-brise qui ne nous disent rien! Tout cela s’avère plus difficile que le tram! Quand on trouve le bon bus, on ne peut pas entrer à moins d’avoir la carte Istanbulkart! C’est une carte rechargeable qui s’est avérée très pratique pour prendre tram, métro et bus. Si vous visitez Istanbul, achetez-là avant de commencer à vous déplacer! Enfin installés dans le bus, les arrêts ne sont pas annoncés, ce qui fait qu’on a bien dépassé notre destination quand on demande l’arrêt! Notre expérience à Istanbul nous a montré que les trams et métros sont vraiment plus faciles d’usage que les bus, pour les touristes!

Nous nous retrouvons donc sur ce petit port charmant, très calme de bon matin. La petite mosquée trône au bord du Bosphore, avec une place bordée de cafés. Douceur de vivre…

On s’installe sur une terrasse de café. Les livreurs vont et viennent. Des petits stands de babioles s’installent. Un homme bossu prépare des petits pots de graines pour les pigeons. Ses premiers clients sont des enfants enthousiastes qui, en échange d’une pièce, attirent tous les pigeons à eux! Tout un ballet se met en place… pigeons port de Ortaköy IstanbulNous sommes les spectateurs invisibles d’une scène toute simple qui semble pouvoir durer des heures… Au moment de payer nos cafés, nous sommes ramenés à la réalité: le petit port d’Ortaköy joue dans la cour des grands!!!

Nous poursuivons la balade ( en bus, toujours) jusqu’à la fameuse place Taksim.

De Taksim à Galata

La place Taksim a toujours été un lieu de rassemblement pour les manifestations politiques et le théâtre parfois de scènes violentes. C’est un lieu symbolique de la ville que nous voulions voir, même si le lieu n’a pas la réputation d’être beau, esthétiquement parlant. À notre arrivée, nous avons constaté que de gros travaux sont mis en oeuvre pour la transformer en une zone piétonnière. Le projet est très « béton ». Il manque cruellement d’espaces verts ou d’oeuvres artistiques. On imaginerait bien une sculpture emblématique attirant tous les regards… Reste le monument dédié aux héros de l’indépendance qui fait triste mine au milieu de ce grand espace ouvert.

Les manifestations de 2013 visaient justement à refuser la destruction du parc attenant à la place et la transformation de celle-ci. 600 arbres ont été détruits pour se conformer au nouveau plan d’urbanisation! Outre le caractère hautement symbolique de ce lieu, il parait évident que Istanbul manque de parcs. Dans une ville aussi belle, on imaginerait bien des parcs avec de grands arbres sous lesquels on prendrait le temps de se détendre.

Depuis la place, nous prenons « au feeling » une rue piétonne qui s’avère être LA rue incontournable du quartier : l’avenue de l’Indépendance, Istiklal Caddesi. Cette rue commercante de 2 kms relie Taksim au quartier de Túnel, surplomblant la Tour de Galata. C’est le paradis du shopping mais aussi un bon moyen d’observer les Stambouliotes ( les habitants de Istanbul). Un vieux tram remonte cette rue et lui donne un  petit cachet rétro.

On observe, curieux, les rues animées et certains lieux étonnants. Avouez qu’il est assez bizarre de voir « Aznavur » ici, Charles appréciera!.

Arrivés un peu plus bas, on se retrouve dans de jolies rues étroites bordées de vieux bâtiments. Beaucoup de consulats. Le Palais de Hollande nous a arraché un sourire!

Un peu plus bas, on trouve de nombreux magasins de musique. Un petit côté artiste! On se rapproche de la Tour de Galata.

La Tour de Galata est une tour génoise du XIV° siècle qui mesure 68 mètres. Elle a servi de prison, d’observatoire et de tour à incendie. Elle offre un panorama  exceptionnel sur la ville. La majeure partie se monte en ascenseur mais l’accès au panorama ne s’atteint que par les escaliers. Dommage pour les personnes à mobilité réduite! 😦 Au sommet se trouve un café et tout autour, à l’extérieur, un passage très étroit où tout le monde se pressent. Chacun part d’un côté et il est difficile de se croiser. On a bien eu envie d’organiser le tour dans le sens des aiguilles d’une montre pour que tout le monde puissent profiter du panorama sans se gêner! Là-haut, le vent est très fort et on craint un peu de s’envoler. À ce propos, au XVIII° siècle, un homme s’est élancé du haut de la tour avec des ailes de sa fabrication et aurait atterri de l’autre côté de la Corne d’Or. Le héros a été récompensé de son exploit par un exil aux confins de l’empire! Bizarre!

On a pu admirer la vue à 360°.

J’ai tenté de mieux comprendre les différents quartiers et de repérer les monuments emblématiques de la ville. Les mosquées émergent clairement du panorama!

Revenons de l’autre côté de la Corne d’Or.

le Café Pierre Loti au bord de la corne d’or

Vous avez compris que nous aimons avoir des points de vue en hauteur. C’est une des raisons pour lesquelles, on est allés jusqu’au café Pierre Loti. L’écrivain aimait beaucoup Istanbul et en particulier ce café dominant la Côte d’or. Ce lieu est devenu assez touristique. L’originalité est qu’on peut y accéder par un téléphérique. Les plus courageux marchent à travers le cimetière qui se trouve en contrebas.

Le café en lui-même n’a rien de particulier. On y vient surtout pour marcher sur les pas d’un écrivain connu et pour admirer la vue.

Notre retour en bus vers Sultanahmet nous a permis de traverser le quartier de Fatih, voir son grand acqueduc, sa mosquée. Un quartier réputé traditionnel que nous n’avons pas eu le temps d’arpenter à pied.

Üsküdar, sur la rive asiatique

Pour notre dernière matinée, nous avons choisi de faire une petite incursion sur la rive asiatique. Nous avons pris la nouvelle ligne de métro qui passe sous le Bosphore. Elle n’a que 4 stations mais elle est bien pratique pour rejoindre rapidement l’autre rive. Et moi, je suis toujours épatée de pouvoir me déplacer sous l’eau sans me mouiller!!! Une vraie gamine! 😉

Nous y sommes arrivés tôt, un dimanche matin. Nous avons marché jusqu’à la Tour de Léandre. Dans cette tour emblématique de la ville, un James Bond a été tourné, il y a quelques années : « Le monde ne suffit pas! » Sophie Marceau jouait la méchante avec Pierce Brosman! Ce matin-là, tout était super calme sur les rives. Des pêcheurs et quelques personnes en train de prendre un café au bord de l’eau. Le site est assez cinématographique. Comme beaucoup d’autres lieux de la ville, d’ailleurs! Pas étonnant que les réalisateurs aient souvent choisi la cité comme terrain de jeu!

Nous avons savouré nos derniers moments à Istanbul… Souvenirs de tous ces bons repas, de ces charmants restaurants, des Stambouliotes accueillants et souriants.

Cette ville demande du temps. Impossible d’en saisir toutes les facettes en quelques jours! Nous avons choisi de centrer nos visites sur ses côtés traditionnels et historiques. La ville moderne, très active, offre une toute autre image de la Turquie, tournée vers l’avenir.

Istanbul est encore plus à vivre qu’à visiter, et y travailler, pourquoi pas?

Au moment où j’écris ces lignes, des attentats viennent de frapper la ville. Cela nous désole. Notre séjour a été très tranquille et insouciant mais nous n’ignorons pas que la Turquie est traversée par de fortes lignes de tension.

Espérons que le calme revienne vite et que les visiteurs ne désertent pas Istanbul qui a vraiment une place à part grâce à son histoire millénaire mais aussi sa position géographique si particulière entre Europe et Asie.

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2 réflexions sur “Istanbul au fil du Bosphore

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